Guide des exercices de musculation

Quels sont les effets de l’inactivité physique sur la santé ?

Quels sont les effets de l’inactivité physique sur la santé ?

Introduction

L’activité physique joue un rôle essentiel dans le maintien de la santé. Elle ne se limite pas à la pratique d’un sport : marcher, monter les escaliers, faire du vélo, effectuer des tâches ménagères, jardiner ou se déplacer à pied sont également des formes d’activité physique.

À l’inverse, une activité physique insuffisante expose progressivement l’organisme à différents effets défavorables. L’inactivité physique est aujourd’hui considérée comme un facteur de risque important de nombreuses maladies chroniques. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 31 % des adultes dans le monde ne pratiquent pas suffisamment d’activité physique pour atteindre les recommandations sanitaires.

Il est également important de distinguer inactivité physique et sédentarité. Une personne peut être relativement active dans la journée tout en passant plusieurs heures assise. Ces deux comportements constituent des facteurs de risque distincts et peuvent se cumuler.

1. Qu’est-ce que l’inactivité physique ?

L’inactivité physique correspond à un niveau d’activité physique insuffisant pour atteindre les recommandations permettant de préserver la santé. L’OMS définit l’activité physique comme tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques entraînant une dépense énergétique. Elle comprend donc les déplacements, les activités professionnelles, les tâches domestiques, les loisirs actifs et le sport.

L’inactivité physique ne signifie donc pas nécessairement « ne jamais bouger ». Une personne peut effectuer quelques déplacements quotidiens mais rester insuffisamment active au regard des besoins de son organisme. Cette distinction est importante, car la santé ne dépend pas uniquement de la pratique sportive. La quantité totale de mouvements réalisés au cours de la journée participe également à la prévention des maladies.

2. Inactivité physique et sédentarité : deux notions différentes

La sédentarité correspond principalement au temps passé éveillé en position assise, allongée ou semi-allongée avec une très faible dépense énergétique. Regarder la télévision, travailler devant un ordinateur, utiliser un smartphone, rester assis dans les transports ou passer plusieurs heures à une même place sont des comportements sédentaires.

L'inactivité physique et la sédentarité sont donc deux phénomènes différents :

  • Inactivité physique : quantité insuffisante d’activité physique.
  • Sédentarité : temps important passé avec une très faible dépense énergétique.

Une personne peut être active et néanmoins très sédentaire. Une personne inactive peut également être très sédentaire. Santé publique France souligne que ces deux facteurs peuvent se cumuler et qu’ils sont difficilement compensables l’un par l’autre. Les interruptions régulières des périodes prolongées en position assise présentent néanmoins des effets favorables pour la santé.

3. Les effets sur le système cardiovasculaire

Le système cardiovasculaire est particulièrement sensible au manque d’activité physique. Lorsque les muscles sont régulièrement sollicités, le cœur et les vaisseaux sanguins sont stimulés par l’augmentation des besoins en oxygène et en nutriments. À l’inverse, une activité physique insuffisante contribue à un fonctionnement moins favorable du système cardiovasculaire.

À long terme, l’inactivité physique est associée à une augmentation du risque de :

  • maladies cardiovasculaires ;
  • hypertension artérielle ;
  • accidents vasculaires cérébraux ;
  • mortalité cardiovasculaire.

L’OMS considère l’inactivité physique comme l’un des principaux facteurs de risque de mortalité liée aux maladies non transmissibles. Les personnes insuffisamment actives présentent un risque de décès supérieur de 20 à 30 % à celui des personnes suffisamment actives. L’absence d’activité régulière peut également participer à la diminution de la capacité cardiorespiratoire. Les efforts courants peuvent alors devenir plus difficiles : monter des escaliers, marcher rapidement ou porter des charges peuvent provoquer plus rapidement une sensation d’essoufflement.

4. Une diminution de la condition physique

Le corps humain s’adapte aux contraintes auxquelles il est régulièrement exposé. Lorsque les muscles, le cœur et le système respiratoire sont peu sollicités, les capacités physiques ont tendance à diminuer.

Cette évolution peut concerner :

  • la force musculaire ;
  • l’endurance ;
  • la puissance ;
  • la mobilité ;
  • l’équilibre ;

la capacité à réaliser les activités quotidiennes. Un cercle vicieux peut alors s’installer : le manque d’activité entraîne une diminution de la condition physique, ce qui rend certains efforts plus difficiles, pouvant à son tour favoriser une réduction supplémentaire de l’activité.

Chez les personnes âgées, cette diminution progressive des capacités physiques peut contribuer à une perte d’autonomie et augmenter notamment le risque de chute. L’activité physique régulière contribue au maintien de la condition physique, de la masse musculaire, de la santé osseuse et de certaines capacités fonctionnelles.

5. Les conséquences sur les muscles

Les muscles ont besoin d’être régulièrement sollicités pour conserver leurs capacités fonctionnelles. Une réduction importante de l’activité physique peut entraîner une diminution progressive de la masse musculaire et de la force, particulièrement lorsque l’inactivité se prolonge.

Ce phénomène peut avoir plusieurs conséquences :

  • diminution de la force ;
  • fatigue plus rapide ;
  • difficultés à porter ou déplacer des objets ;
  • diminution des capacités fonctionnelles ;
  • baisse de la mobilité ;
  • augmentation de la dépendance chez les personnes fragiles.

Le manque de sollicitation musculaire est particulièrement problématique avec l’avancée en âge, période durant laquelle la masse musculaire tend naturellement à diminuer. Le renforcement musculaire constitue donc un complément important de l’activité d’endurance. L’OMS recommande d’intégrer des activités de renforcement musculaire dans les habitudes physiques des adultes.

6. Une augmentation du risque de surpoids et d’obésité

L’activité physique participe à la dépense énergétique quotidienne. Lorsque le niveau d’activité diminue durablement, la dépense énergétique liée aux mouvements baisse également. Si les apports énergétiques restent supérieurs aux besoins de l’organisme, un excédent énergétique peut progressivement s'installer.

L’inactivité physique peut ainsi favoriser :

  • l’augmentation de la masse grasse ;
  • le surpoids ;
  • l’obésité ;
  • une diminution de la condition physique.

Il serait cependant incorrect de considérer l’inactivité physique comme la seule cause du surpoids. Le poids corporel dépend de nombreux facteurs : alimentation, génétique, sommeil, environnement, médicaments, âge, contexte social et niveau d’activité physique. L’activité physique doit donc être considérée comme l’un des éléments d’une approche globale de la santé.

7. Un risque accru de diabète de type 2

Les muscles jouent un rôle important dans la régulation du glucose sanguin. Lors d’une activité physique, les muscles utilisent davantage de glucose comme source d’énergie. La contraction musculaire améliore également l’utilisation du glucose par les cellules. À l’inverse, un mode de vie caractérisé par une activité physique insuffisante et une forte sédentarité est associé à une augmentation du risque de diabète de type 2.

L’OMS reconnaît l’activité physique régulière comme un moyen de prévention et de prise en charge de plusieurs maladies non transmissibles, notamment le diabète de type 2. L’objectif n’est pas nécessairement de pratiquer un sport intensif : la marche, les déplacements actifs et les activités quotidiennes participent également à l’augmentation de la dépense énergétique.

8. Des conséquences sur la santé osseuse

Les os sont des tissus vivants qui s’adaptent aux contraintes mécaniques auxquelles ils sont soumis. La marche, les exercices de renforcement musculaire et certaines activités avec mise en charge permettent de stimuler mécaniquement le système osseux. À l’inverse, une diminution importante de l’activité physique peut réduire ces stimulations.

Sur le long terme, le manque d’activité peut donc contribuer à une dégradation de la condition physique et à une diminution de la stimulation mécanique nécessaire au maintien de la santé osseuse. Chez les personnes âgées, le maintien d’une activité physique adaptée présente également un intérêt pour préserver les capacités fonctionnelles et réduire le risque de chute.

9. Des effets sur la santé mentale

Les conséquences de l’inactivité physique ne sont pas uniquement physiques. L’activité physique régulière est associée à une meilleure santé mentale et peut contribuer à réduire les symptômes d’anxiété et de dépression. Elle participe également au bien-être général et à certaines fonctions cognitives. 

À l’inverse, un faible niveau d’activité physique peut s’intégrer dans un mode de vie marqué par :

  • une diminution des interactions sociales ;
  • une baisse de la mobilité ;
  • une diminution du sentiment de capacité physique ;
  • davantage de temps passé dans des comportements sédentaires ;
  • une dégradation possible du bien-être psychologique.

La relation entre activité physique et santé mentale est complexe et bidirectionnelle : une mauvaise santé mentale peut réduire l’envie ou la capacité de bouger, tandis qu’un manque d’activité peut être associé à une moins bonne santé psychologique.

10. Le sommeil peut également être affecté

L’activité physique régulière participe à une meilleure hygiène de vie et est associée à des bénéfices sur le sommeil. À l’inverse, un mode de vie très sédentaire, notamment lorsqu’il est associé à une faible activité physique, peut favoriser un mode de vie déséquilibré : temps d’écran important, horaires irréguliers, faible exposition à l’extérieur et diminution des activités quotidiennes. L’OMS inclut d’ailleurs l’amélioration de la qualité du sommeil parmi les bénéfices associés à une activité physique régulière chez les adultes et les personnes âgées.

11. Des conséquences sur le vieillissement

L’inactivité physique devient particulièrement problématique avec l’avancée en âge. Le vieillissement s’accompagne naturellement de modifications de la masse musculaire, de la force, de l’équilibre, de la mobilité et des capacités cardiovasculaires. Un niveau d’activité physique adapté permet de maintenir plus longtemps ces différentes fonctions. À l’inverse, l’inactivité peut accélérer le déconditionnement physique et rendre progressivement certaines activités quotidiennes plus difficiles.

Se lever d’une chaise, monter des escaliers, marcher, porter des courses ou maintenir son équilibre sont autant de capacités qui dépendent notamment de la force musculaire et de la condition cardiovasculaire. Maintenir une activité physique régulière constitue donc un élément important du vieillissement en bonne santé.

12. Le risque de maladies chroniques

L’inactivité physique est associée à plusieurs maladies non transmissibles.

Elle est notamment liée à une augmentation du risque de :

  • maladies cardiovasculaires ;
  • hypertension artérielle ;
  • diabète de type 2 ;
  • certains cancers ;
  • surpoids et obésité ;
  • dégradation de la condition physique ;
  • perte de capacités fonctionnelles.

Santé publique France identifie l’activité physique et la sédentarité parmi les facteurs de risque ou de protection de nombreuses maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires, certains cancers, l’obésité et le diabète de type 2. Il ne s’agit pas de dire que l’inactivité provoque systématiquement une maladie chez une personne donnée. Il s’agit d’un facteur de risque, c’est-à-dire d’un élément qui augmente statistiquement la probabilité de développer certains problèmes de santé.

13. Pourquoi rester assis longtemps pose également problème ?

La durée passée assis constitue un enjeu spécifique. Travail de bureau, déplacements motorisés, télévision, ordinateur et smartphone peuvent conduire à accumuler plusieurs heures de sédentarité chaque jour. Santé publique France indique qu’en 2024, 28 % des adultes âgés de 18 à 79 ans déclaraient passer plus de sept heures par jour assis. Cette proportion dépassait 40 % chez les 18-29 ans.

Les périodes prolongées et ininterrompues en position assise sont associées à différents risques pour la santé, notamment cardiovasculaires, métaboliques et psychologiques. Les interruptions régulières de ces périodes constituent donc une stratégie simple pour réduire le temps sédentaire. Il est ainsi préférable de ne pas opposer « sport » et « sédentarité ». Une personne peut faire du sport plusieurs fois par semaine tout en restant assise pendant une grande partie de sa journée.

14. Combien d’activité physique faut-il pratiquer ?

Les recommandations de l’OMS indiquent que, chez l’adulte, il est recommandé de pratiquer chaque semaine : 150 à 300 minutes d’activité physique aérobie d’intensité modérée, ou une durée équivalente d’activité d’intensité soutenue. Il est également recommandé de pratiquer des activités de renforcement musculaire au moins deux jours par semaine. Ces recommandations constituent un objectif de santé publique et non une obligation à atteindre immédiatement. L’un des messages importants de l’OMS est que toute activité physique vaut mieux que l’absence totale d’activité. Une personne très inactive peut donc commencer progressivement par de petites périodes de mouvement avant d’augmenter son volume d’activité.

15. Comment réduire concrètement l’inactivité physique ?

Augmenter son activité physique ne nécessite pas systématiquement de pratiquer un sport.

Il est possible d’intégrer davantage de mouvement dans la journée :

Au quotidien

  • marcher davantage ;
  • prendre les escaliers lorsque cela est possible ;
  • effectuer certains trajets à pied ou à vélo ;
  • se déplacer régulièrement pendant la journée ;
  • effectuer les tâches domestiques activement ;
  • jardiner ;
  • jouer ou pratiquer des activités physiques de loisir.

Au travail

  • se lever régulièrement ;
  • alterner les positions ;
  • marcher pendant certaines pauses ;
  • limiter les périodes prolongées assises ;
  • privilégier les déplacements actifs lorsque cela est possible.

À la maison

  • interrompre régulièrement les périodes devant les écrans ;
  • marcher quelques minutes ;
  • réaliser des exercices simples de mobilité ;
  • effectuer des exercices de renforcement musculaire adaptés à son niveau.

L’objectif est de réduire progressivement le temps immobile tout en augmentant la quantité totale de mouvement.

16. Une progression progressive est préférable

Lorsqu’une personne est inactive depuis longtemps, reprendre brutalement une activité très intense n’est généralement pas nécessaire.

Une progression raisonnable consiste à :

  • augmenter progressivement la fréquence des mouvements ;
  • privilégier les activités accessibles ;
  • commencer par une intensité adaptée à sa condition physique ;
  • augmenter progressivement la durée ;
  • introduire ensuite des exercices de renforcement musculaire ;
  • conserver une régularité dans le temps.

La régularité est essentielle. Une activité modérée pratiquée fréquemment peut être plus facile à maintenir qu’une séance très intense réalisée de manière occasionnelle. En cas de maladie chronique, de limitation fonctionnelle, de symptômes inhabituels ou de reprise après une longue période d’inactivité, l’adaptation de l’activité avec un professionnel de santé peut être pertinente.

17. Les principaux effets de l’inactivité physique en résumé

Les principaux effets de l’inactivité physique en résumé

18. À retenir

L’inactivité physique ne correspond pas simplement à l’absence de sport. Elle désigne surtout un niveau insuffisant d’activité physique au regard des recommandations de santé. Ses conséquences concernent de nombreux systèmes de l’organisme : système cardiovasculaire, muscles, métabolisme, santé osseuse, capacités fonctionnelles et santé mentale. La sédentarité constitue un problème complémentaire. Rester assis de façon prolongée peut présenter des risques même chez une personne qui pratique par ailleurs une activité physique régulière. Il est donc important de bouger davantage et de rester moins longtemps immobile. L’objectif n’est pas nécessairement de devenir sportif. Il consiste d’abord à remettre davantage de mouvement dans la journée, puis à développer progressivement l’endurance, la force, la mobilité et les capacités physiques. Chaque mouvement compte.

Sources de référence

  • Organisation mondiale de la santé (OMS), Activité physique, mise à jour du 26 juin 2024.
  • OMS, Lignes directrices sur l’activité physique et la sédentarité : en un coup d’œil.
  • Santé publique France, Activité physique, sédentarité et alimentation : résultats des Baromètres de Santé publique France, données 2024 publiées en 2025.
  • Santé publique France, Revue de littérature sur l’efficacité des interventions pour limiter la sédentarité en milieu professionnel.
  • Santé publique France, Nutrition et activité physique. 
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